Interview de Samira Tebbi (Attaquante du FF Nîmes Métropole Gard)
En exclusivité pour Nîmes Médiathéque et ses fans, Samira Tebbi (24 ans, FF Nîmes Métropole Gard) a accepté de se livrer pour nous présenter le football féminin encore trop méconnu du public nîmois après la rencontre d'hier face au Puy (victoire 2-1).
Nîmes Médiathèque : Bonjour Samira. Avant tout comment vas-tu et où en es-tu avec ta blessure (Samira s'est bléssé à la cheville lors de la 1ère journée à Albi.) ?
Samira Tebbi : Bonjour a tout monde ! La blessure s'est rétablie j’ai repris la semaine dernière donc tout va bien...
N.M. : Est-ce que tu peux nous retracer ton parcours dans le milieu du football ?
S.T. : C'est mon père qui m’a un peu poussé là-dedans, toute petite il m’amener tous les jours dans un stade avec un ballon. Dès mes 6ans j’ai débuté dans le club garçon de St-Martin de Valgalgue, suivi de l 'Oac, As Tamaris et As Clavière jusqu'à l’âge de 14 ans. Mais malheureusement à partir de cet âge là, les filles n’ont plus le droit de jouer avec les garçons, du coup j’ai rejoins St-Christol les Alès où j’ai évolué en Dh pendant 4 ans.
A 18 ans, le club de Monteux me contacte pour signer chez eux mais aussi pour me faire découvrir le haut niveau et la D2, j’y suis restée 3 saisons avant de rejoindre Nîmes en octobre 2009, qui évoluait cette année-là en D3. Ça m’a aussi permis de changer d’air et de retrouver le plaisir de jouer que j'avais un peu perdu...
N.M. : Peux-tu nous présenter ton club, le Football Féminin Nîmes Métropole Gard ?
S.T. : Le club de football féminin de Nîmes Métropole Gard n’est autre que l’ancienne section féminine du FC Jonquerois.
C'est un club exclusivement féminin qui compte une centaine de licenciées. Il y a plusieurs catégories : U11, U13, U15, U18 ainsi que deux équipes séniors, D2 et Dh.
En 2006, le club accède pour la première fois au niveau national en troisième division, et en 2010 en deuxième division. L’année dernière la D2 fini cinquième du championnat pour une 1ere année en D2 et l'équipe Dh fini championne d'élite régionale.
N.M. : Comment s'est passé la saison de l'accession en D2 lors de la saison 2009-10 ?
S.T. : La saison 2009-10, on savait toutes que c'était l'année où il fallait tout donner pour monter car l'année d'après, ils supprimaient la D3, et pour monter en D2, c'est vraiment très difficile vu qu'il y a plusieurs étapes à franchir...
On s'est battues pour y arriver, en fin de saison on fini quatrièmes derrière Claix, Aulnat et Montpellier Hérault. Mais la réserve de Montpellier n’avait pas le droit de monter (car l'équipe une joue en D1), du coup on a été repêchées. Ça a été une fierté pour toutes mais surtout pour le président et les coachs Gros et Debaty qui se sont battus toute l'année pour nous.
N.M. : La saison dernière donc, le club a évolué en D2, tes impressions sur ce championnat, que tu avais déjà découvert à Monteux ?
S.T. : C'est un championnat très difficile et qui dont le niveau est de plus en plus élevé et qui se ressère chaque année.
N.M. : Cette année, le championnat a débuté de manière mitigée. Avant la victoire d'hier, vous avez commencée par une défaite 6-0 à Albi, une expulsion et tu te blesses. Vous remportez le second match 1-0 face à Chatenoy et une deuxième défaite à l'extérieur dimanche dernier (4-2 à Claix). Comment expliques tu ce départ poussif ?
S.T. : Oui c'est vrai qu'on a eu un début de saison difficile. Vu le calendrier, nous savions que cela allait être plus difficile que l'an dernier et surtout en rencontrant d'entrée Albi, une équipe qui est parmi les favoris.
On a un groupe qui a un gros mental, on l’a prouvé dès le second match (1-0 face à Chatenoy) en ne lâchant rien jusqu'à la 95eme minute pour arracher la victoire. Il y a toujours des petites choses à régler mais on le travaille aux entrainements et ça va venir, le travail paye toujours !
N.M : Quel est ou quels sont les objectifs du club cette année ?
S.T. : Le même que la saison dernière, c'est à dire le maintien.
N.M. : Peux-tu nous en dire plus sur ce problème récurent de stade ?
S.T. : Le souci de terrain n'est pas de cette année ou l'année dernière mais existe depuis toujours.
Le club existe depuis un moment et nous somme le second club du Languedoc Roussillon, et malgré ça on n’a toujours pas de terrain ni de vestiaires. Quand le club est monté en D3, on s'était dit qu'ils allaientt faire quelque chose mais ce ne fut pas le cas. Nous sommes ensuite monter en D2 et rien n'a été fait non plus. Heureusement, il y a des communes comme Manduel, Aramon, Bellegarde ou Margueritte qui nous ont prêté leurs installations.
N.M. : Vous n'êtes pas footballeuses professionnelles, vous avez pour la plupart un emploi à côté, on se doute bien que celà ne doit pas être facile à suivre...
S.T. : Bien sur que ce n’est pas facile de concilier le sport haut niveau non-professionnelle avec le travail, vu qu'on s'entraîne 3 fois par semaine, plus de gros déplacements le week-end, mais la passion prend le dessus et quand on aime on ne compte pas.
N.M. : Comment juges-tu l'écart entre le football féminin et masculin (argent, infrastructures etc) et comment vois-tu le football masculin en général ?
S.T. : L’écart est énorme vu que le foot féminin n'est pas encore pro, la reconnaissance du point de vue des médias et tout simplement des footeux en général, est complètement disproportionnée.
Les infrastructures dans le foot féminin sont bonnes, parfois de même niveau que dans le foot amateur masculin, mais question argent c'est tellement énorme qu'on ne peut même pas comparer.
N.M. : Cet été a eu lieu la Coupe du Monde féminine avec une 4e place obtenue par la France, que penses-tu de son parcours ?
S.T. : C'est une grosse satisfaction mais surtout une promotion formidable pour le foot féminin, en espérant que certains préjugés ne se feront plus ressentir à l'avenir.
N.M. : Un petit message d'encouragement à faire passer à l'ensemble de ton club ?
S.T. : J'espère qu'on va réaliser une grosse saison dans toute les catégories du club, qu'on prenne du plaisir en exerçant notre passion avec humilité et respect.
N.M. : Un dernier mot pour ceux qui suivent vos matchs à travers Nîmes Médiathèque ?
S.T. : Merci de nous suivre à travers vos reportages ou autre pour le foot féminin. Grâce à vous, nous faisons mieux connaitre notre envie et amour pour le ballon rond. Et merci à tous ceux qui nous encouragent.
N.M : Merci Samira de nous avoir accorder un peu de ton temps pour répondre à nos questions.
Bonne chance à toi et à toute les filles du club du FFNMG qui représentent Nîmes.